Peintures murales de la chapelle de saint Martin : Vision de saint Martin, Arrivée de saint Martin à Tours, Enlèvement au ciel de saint Martin par les anges

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Tartas

La décoration de la chapelle de saint Martin - dédiée au patron de l'église qui a précédé l'actuelle Saint-Jacques - fut exécutée par le peintre montois Louis-Anselme Longa (1809-1869) en 1857, une fois achevées les peintures de la chapelle nord en pendant. L'année suivante, Longa peindra le chemin de croix , puis les décors du chœur en 1865 et de la nef en 1867.

Le programme iconographique du décor peint - dont les modèles probables n'ont pu être identifiés - exclut l'épisode le plus célèbre de la vie de saint Martin, celui de la charité du saint à la porte d'Amiens (déjà figuré sur le vitrail de Didron qui ferme la fenêtre de la chapelle), au profit de scènes plus rarement représentées, comme l'apparition du Christ en songe au jeune soldat ou, moins fréquent encore, l'arrivée du nouvel évêque dans sa ville de Tours et son enlèvement au ciel par les anges. Dans la scène de l'arrivée à Tours, le porteur de litière vêtu de rouge et de jaune, au visage glabre et aux cheveux blancs clairsemés, pourrait être un portrait du curé Guillaume Miqueu, commanditaire du décor - il sera encore représenté huit ans plus tard, à coup sûr cette fois, dans la peinture du chœur figurant l'Entrée du Christ à Jérusalem.

Beaucoup moins dégradé que le décor de la chapelle de la Vierge, celui de la chapelle de saint Martin a été restauré à partir de 1999 par l'atelier bordelais Dufon sous la direction de l'architecte Stéphane Thouin.

Périodes

Principale : 3e quart 19e siècle

Dates

1857, porte la date

Auteurs Auteur : Longa Louis-Anselme

Peintre né à Mont-de-Marsan le 4 avril 1809 et mort dans la même ville le 13 décembre 1869 ; fils cadet de l'orfèvre Jacques Longa (1769-1822) et petit-fils par sa mère de l'orfèvre montois Joseph Lacère (1731-1810) ; frère puiné de l'orfèvre-bijoutier Jean-Baptiste Longa (1797-1861). Élève de Paul Delaroche à l'École des beaux-arts de Paris, puis réinstallé en 1848 à Mont-de-Marsan, où il exerça les fonctions de professeur de dessin au collège, puis au lycée impérial à partir de 1866. Sur les Longa, voir : ABBATE Simone, Louis-Anselme Longa, 2008.

, peintre (signature)
Personnalite : Neurisse de Laluque Marie Louise Catherine de

Marie-Louise Catherine de Neurisse de Laluque (Tartas, 22 avril 1781 - Tartas, 26 janvier 1874), dite Mlle de Laluque, dernière des treize enfants de Pierre François Salvat, baron de Laluque, lieutenant-général au sénéchal d'Albret (1730-1798), et de Catherine-Ursule de Chambre d'Urgons (1740-1804), elle-même sœur de l'évêque d'Orope.

, donateur (attribution par travaux historiques)
Lieux d'exécution

Localisation : Landes , Aquitaine , Tartas

Le décor, probablement exécuté à la cire sur enduit, couvre la totalité des murs et des voûtes de la chapelle, ainsi que son arc d'entrée. Le motifs ornementaux sont exécutés au pochoir.

Catégories

peinture murale

Matériaux
  1. Matériau principal : enduit

    Mise en oeuvre : support

    Techniques : peinture à la cire, peint au pochoir

Iconographie
  1. Caractère général : cycle narratif

    Thèmes : saint Martin de Tours, vie

  2. Thèmes : vision de saint Martin, saint Martin de Tours, soldat, Apparition du Christ, ange, manteau, grotte

  3. Thèmes : saint Martin de Tours, évêque, mort, apothéose, ange, nuée

  4. Thèmes : saint Martin de Tours, transport, litière, foule, ange, femme, enfant, colline, grotte, abbaye, église, Loire fl., pont, ville

  5. Caractère général : ornementation

    Thèmes : frise, rinceau, feuille d'acanthe, feuille de vigne, grappe, ciel, étoile


Précision sur l'iconographie :

Le décor, illustrant la dédicace de la chapelle, est entièrement dévolu à saint Martin de Tours, patron de l'ancienne église paroissiale de ce nom, sur l'emplacement de laquelle fut édifiée l'actuelle église Saint-Jacques. Les grands panneaux historiés (murs est et nord) ou décoratifs (mur sud) sont encadrés par des bandeaux ornementaux (frises de croix grecques vertes sur fond noir et rouge, rinceaux romans blancs sur fond rouge). Le soubassement est peint en marron semé de quartefeuilles bleues et de perles dorées ; les demi-colonnettes de l'arc d'entrée sont décorées alternativement de branches de vigne au naturel sur fond marron et de chevrons crucifères bleus et rouges à motifs de petits chevrons dorés ; les embrasures de la fenêtre (mur sud) sont peintes de rinceaux de vigne blancs, rouges et jaunes sur fond rouge ; les voûtains de la croisée d'ogives, d'un bleu profond semé d'étoiles à huit branches dorées.

Mur est. La composition est axée autour de la niche murale qui surmonte l'autel et abrite une statue de saint Martin en évêque. La scène figurée au registre inférieur, sur un fond d'or à motifs géométriques, est celle de la Vision de saint Martin en l'an 354 : à droite, dans une grotte aménagée, le jeune saint vêtu en légionnaire romain, son casque et son bouclier posés à ses côtés, est agenouillé en adoration, les mains jointes tendues vers le haut, tourné de profil vers l'apparition du Christ représentée sur le côté gauche du mur ; Jésus, debout sur une nuée, la tête entourée d'une nimbe crucifère, bénit Martin tout en lui montrant le manteau que le jeune soldat a partagé la veille avec un pauvre à la porte d'Amiens ; le manteau, qui fait aussi office de drap d'honneur derrière le Christ, est soutenu dans l'air par deux anges en vol. Au registre supérieur, au-dessus de la niche murale, est représenté l'Enlèvement au ciel de saint Martin par les anges : le corps sans vie du saint, figuré cette fois en vieil évêque mitré, est emporté au ciel sur une nuée, accompagné par quatre anges adolescents, dont l'un tient sa crosse épiscopale et un autre le livre sacré frappé d'une croix d'or.

Mur nord. L'unique scène représentée, couvrant le mur jusqu'à la voûte, est celle de l'Arrivée de saint Martin à Tours en 371, après la mort de l'évêque Lidoire. Le saint, déjà revêtu des ornements épiscopaux, la mitre à son côté, est porté à bras d'hommes sur une litière dorée, drapée de rouge, dont les brancards sont soutenus par les habitants de Tours, venus à Ligugé enlever de force le saint ermite pour en faire leur évêque. On distingue, entre plusieurs jeunes gens, un homme à barbe blanche (sans doute Rusticius, le notable tourangeau qui a attiré Martin dans le piège), un jeune moine tonsuré et, à l'extrême gauche, un patricien glabre aux rares cheveux blancs (peut-être un portrait de l'abbé Guillaume Miqueu, curé de Tartas et commanditaire du décor). Le saint, en signe d'acceptation de son destin et de soumission à la volonté divine, lève son regard et ses bras au ciel, d'où le contemplent deux anges en oraison accoudés sur des nuages devant une gloire dorée. Le fond de paysage représente, à droite, une éminence rocheuse percée d'ermitages troglodytiques et couronnée d'un monastère et de son église abbatiale, sans doute ceux de Ligugé ; à gauche, en contrebas, se profile un méandre de la Loire que franchit un pont menant aux remparts de la ville de Tours.

Mur sud. Ce mur ne comporte pas de scènes figurées (celles-ci étant peintes sur le vitrail de la fenêtre : Charité de saint Martin, Messe de saint Martin et Christ en majesté), mais un simple décor ornemental : de larges rinceaux d'acanthe (en bas), de feuilles de vigne et de grappes de raisin (en haut), de couleur jaune or et rouge, se déploient sur un fond vert anglais depuis le soubassement jusqu'au sommet du mur, de part et d'autre de la fenêtre ; les tiges des rinceaux se rejoignent à la base en un entrelacs complexe évoquant le motif du nœud de Salomon.

Inscriptions et marques
  • signature, peint, monogramme
  • date, peint

Signature et date : L. Anselme Longa / 1857 (mur nord, Arrivée de saint Martin à Tours, en bas à gauche). Signature (monogramme, mur est, en bas à gauche) : L.A.L.

État de conservation
  • oeuvre restaurée

Le décor était à la fin du XXe siècle en bien meilleur état que celui de la chapelle de la Vierge. Seule la voûte présentait de nombreux écaillements et des traces de salpêtre. L'ensemble a été restauré à partir de 1999 par l'atelier bordelais Dufon sous la direction de l'architecte Stéphane Thoin.

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Tartas , place Saint-Martin

Milieu d'implantation: en ville

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